vendredi 23 mars 2012

Sans titre

C'est fréquent : quand il y a trop de choses à dire , que ce soit dans une peinture, une sculpture  ou dans ce blog - qui veut combler un certain retard  ou un retard certain! - l'auteur met sur le cartel: sans titre.
L’œuvre (ou le blog) devient un espèce de fourre-tout où l'imagination trouve librement ses repères à moins qu'elle ne se perde définitivement à la suite d'efforts cérébraux intenses pour rassembler les images du puzzle. Dans ces cas là et tout à fait paradoxalement le "sans titre" est accompagné d'une notice explicative (une fiche de médiation) tant et si bien que j'accompagnerai mes images d'une légende "GPS."
Vue d'atelier et quelques reliquaires
Commençons par Montauban où il y a quelques semaines je retrouvais  Paul Duchein  et ses "boites"
Le choix éditorial du catalogue "Mises en Boites" (exposition réalisée en début d'année 2011 à ARTEUM) n'avait pas permis de mettre (comme dans un précédent catalogue "La beauté des restes" ) des vues d'atelier. Or c'est bien cela:  l'amoncellement des restes et d'objets hétéroclites qui, dans ce cas, va permettre à l'inconscient "d'associer", d'assembler. Je ne reviendrai pas sur ce type de démarche de type surréaliste, genre "cadavre exquis".
le fouillis terreau de l'imaginaire
Il faut aussi être habité par un "esprit glaneur" ou être atteint du mal aigu de la "collectionnite". Paul Duchein est de cela pour son plus grand bonheur et le nôtre. 


Une boite en cours.. et la main du maitre
Une véritable bibliothèque.. et ce n'est qu'une partie 




Je ne peux me résoudre à quitter Paul D. sans vous avoir livré une toute petite part de sa collection avec cette œuvre de Marie Rose LORTET (croisée il y a fort longtemps à la Biennale Internationale d'Art textile de Lausanne)
mini textile de Marie-rose Lortet(photo ph. Groscaux)

je repense alors à cette belle exposition de masques de Erhad  Stiefel (voir ci dessous) que le Bois de l'aune nous donne encore à voir jusqu'au 31 mars.

Je ne peux quitter  Montauban sans parler du Musée Ingres (on y voit son célèbre violon!) : colossal bâtiment en bordure du Tarn mélange de château fort, de "château neuf", de palais épiscopal, passé un temps d'Hôtel de Ville, et aujourd'hui musée du XXI ème siècle.
Bien sûr à l'intérieur  des dessins , des peintures en quantité tout aussi colossale avec une salle réservée à des œuvres contemporaines où plusieurs artistes ont joué le jeu de : "œuvre d'après..." pas de plagiat cela s'entend mais une libre interprétation. Pour ma part j'ai retenu Ernest PIGON-ERNEST
Ange de droite d'après le Vœu de Louis XIII d'Ingres
Bon je m’aperçois que j'ai encore beaucoup d'images à livrer et que le temps me manque. Alors pour conclure une vidéo/danse en lumière noire. Travail sur le corps, sur la ligne en mouvement étrange comme les spectacles de magie noire qui intriguaient quand j"allais à l'Alcazar de Marseille aujourd'hui reconverti en une belle bibliothèque.japan tron dance you tube

dimanche 11 mars 2012

AR(T)LES

de gauche à droite Clergue, Alechinsky et M. Moutashar
En ce samedi 10 mars , à 15h avait lieu au Musée Réattu, à Arles une rencontre amicale entre Pierre Alechinsky et Michèle Moutashar, conservatrice. Ils étaient entouré de la Suite des bouches du Rhône (15 dessins de 200 m de haut par 0,90 m de large qui formaient comme un écrin de part et d'autre de leurs visages et des auditeurs. Il serait trop long de retranscrire ici toute ces "belles paroles" (au vrai sens du terme) que j'ai perçu plus comme une suite d'aphorismes ou d'histoires drôles qui émaillent la vie de cet artiste qui parcours le monde avec une galerie à Paris et une autre à New York et de nombreuses expositions ici ou là , à Aix en Provence notamment, au musée Granet (merci M. Ely).
"D'un dessin à l'autre je me surprend moi-même". "Il ne peut y avoir de lassitude (dans une apparente répétition) car je perds la mémoire du premier dessin arrivé au troisième" . Bref une simplicité, un humour aussi. Serait-ce une "belgitude" qui lui confère cette jeunesse dans son travail et ses réparties, qui le rapproche -il le disait lui-même à moins que ce ne soit Lucien Clergue - de Magritte.
Clergue . Alechinsky
Serait-ce la présence amicale de Lucien Clergue qui lui aussi partage "l'eau" : "encre" pour l'un ,  "vague" pour le photographe.
Comme je suis un "fan", un "groupie" , j'ai eu plaisir à lui serrer la main chez Actes Sud où il était venu acheter quelques livres. C'est rien ? Ça peut paraitre même idiot. Mais tant pis...D'autres font bien ça avec des rockers, des chanteurs de blues, sans parler des joueurs de foot... ce qui n'est as mon cas bien sûr!

Ces dessins sont regroupés dans une exposition intitulée ACTE V : Acte final dans une pièce de théâtre, où l'intrigue trouve son dénouement. La fin d'un cycle dans l'histoire du musée qui a permis la redécouverte d'une collection sous toutes ses coutures, avant le début d'une nouvelle époque (extrait du flyers de com.) Choix pertinent d’œuvres contemporaines tant en photographies qu'en peintures qu'en sculptures
Max Charvolen  "16 rue Dieudonné" 2001
Evelyn Ortlieb 
comme si se constituait ainsi au fil des salles  une "collection personnelle" dont on ne peut que féliciter M. Moutashar de l'avoir rassemblée. Que du bonheur!
Evelyn Ortlieb  "Bache"
Brigitte Garcia Terre 1999
 (J'ouvre une parenthèse pour dire que cette jeune artiste (née en 1960)que j'avais eu la chance de connaitre  est décédée en 2002. Son travail atypique, tout en finesse et tendresse est conservé au Musée Réattu suite au dépôt qu'à fait son époux le chorégraphe Georges Apaix. Il conviendrait qu'une rétrospective exhume ce travail, à l'image de celui d'Evelyn Ortlieb dans la salle du RDC).


De plus j'ai rencontré un ami graveur: Ingo Hoffmann. Son atelier est à Boulbon. Son site est enregistré colonne de droite. C'est un excellent "maitre de stage" formé à l'école allemande, c'est tout dire et Boulbon est un petit paradis sur terre (rural et sans snobisme, convivial quoi!)  dans les bouches du Rhône pas très loin d'Arles.

Pour conclure un travail de Pierre Alechinsky... qui aurait pu s'inscrire dans la suite arlésienne qu'à présenté ARTEUM musée d'art contemporain, en novembre dernier.

ville d'arles

vendredi 24 février 2012

Karine n'est pas en "Vacances Bleues"!

Non! Karine ROUGIER, artiste invitée par la Fondation Vacances Bleues (dont les nouveaux locaux se trouve au 32 rue Edmond Rostand à Marseille (6 ème)) travaille (dans le cadre des Ateliers de l'Euroméditerranée) et dessine surtout, avec le "filtre" personnel qui caractérise son univers mental (que j'aime à rapprocher de celui d'Alice au pays des Merveilles) des "souvenirs de Vacances" -Bleues ou pas- que les salariés de cette entreprise lui ont confiés.
souvenirs de Vacances... Bleues!
















































































































Un article paru dans La Marseillaise du 9 décembre 2011 relate très bien les bases de cet accueil et le projet de Karine. Pas question de paraphraser ici son auteur. Mais dire que depuis décembre le grand dessin -190 x 140 cm - (et "dessein" bien sûr) avancent bellement.
Je signale (avec fierté) que Karine Rougier avait exposé à ARTEUM, musée d'art contemporain, dans " Traits... confidentiels" en mars / avril 2008 et que depuis, son ascension due à son talent, lui permettent d'exposer régulièrement dans les galeries Espaces à Vendre à Nice et Le Cabinet à Paris. Enfin un très beau catalogue de ses dessins "intimes" et récents est paru avec l'aide du C.G13 et du C.R. PACA et le mécénat "Sextant et plus"  (Mécènes du Sud)








Au fond , le dessin en cours

Cette excursion/incursion marseillaise (méditerranéenne) s'est terminé au MAC par l'exposition "The Mediterranean Approach" qui est une exploration de la culture contemporaine en Méditerranée.Essentiellement composée de photos et de vidéo,(excepté une installation et les sculpture sous globe de David Casini,  cette approche "s'attache à travers le regard de 14 artistes (originaires de la région Méditerranéenne) à mettre en lumière les différences, tout comme les similitudes, qui tissent les identités profondes des peuples méditerranéens." 



David Casini

Marie Bovo



Jacques Berthet Oliviers
Cette exposition n'occupe que le tiers de l'espace du Musée.(c'est déjà pas mal!!!) ce qui laisse au visiteur le plaisir de retrouver dans les 2/3 restant le déploiement des œuvres de la collection permanente avec d'excellentes sculptures de César, le Roto zaza de Tinguely, des œuvres de Spoerri, Simon Hantaï, Gabriel Orozco ou les machines à voir de Jean-Luc Parent, Amore mio de Richard Baquié et bien d'autres qui me permettent à chaque fois de me refaire une culture.














  
 



vendredi 17 février 2012

L'amandier en fleur, Venise... François de ASIS


De prime abord la quantité de toiles rangées les unes contre les autres impressionne. A la sortie Fr. de Asis me confiera qu’il y en a plus de mille (et pareillement à la cave ainsi que dans d’autres lieux).
Dans la pièce du fond, une lumière zénithale vient éclairer les toiles que Fr.de Asis a disposées sur les murs…pour que nous en parlions.

Sur le seul chevalet présent repose offert à la lecture, un poème de Michel Gravil extrait de l’ouvrage Le bassin les ombres. Une lithographie l’accompagne réalisée par les éditions d’art Henry des Abbayes, à partir de la peinture d’un amandier en
 fleur. 













  


 La poésie, la littérature sont  étroitement liées à l’œuvre de Fr.de. Asis. Sa grande estime pour Bruno ROY, fondateur des éditions Fata Morgana atteste de cet engouement pour l’écriture et les beaux livres où la qualité du papier, la calligraphie confèrent à l’ouvrage une beauté particulière et précieuse, une sensibilité qui souligne avec fraicheur la rencontre d’un texte et son auteur, un éditeur et un illustrateur dans une conversation dialogique.
 Fr.de Asis aime à parler « d’écriture », tant le dessin « originel » au sens de « primitif », antécédent à toute œuvre  pourrait se substituer au terme de « peinture ». Certaines œuvres momentanément exposées à mon regard, sont séparées les une des autres par plus de trente années. Tout ce temps  « à travailler sur le motif » (je dirais presque à travailler le motif) dans la Nature, en direct, pour employer un terme proche de l’image télévisuelle et du reportage qui envahit notre quotidien.
Si son œuvre semble être devenue « abstraite » voilà ce qu’il dit de la Nature et de l’abstraction : « On oubli de nos jours que la Nature est d’une inventivité supérieure à toutes nos créations ». Le maitre mot est dit « inventivité ». Dés lors, il s’agit selon Fr. de Asis de faire le vide autour de soi afin d’être en empathie, en état de réceptivité totale pour que le trait naisse « presque » (je glisse le titre de l’ouvrage « le je ne sais quoi et le presque rien » de Vladimir Jankélévitch) de lui-même.

Fr. de Asis me parle alors le la neige de ces derniers jours et de l’abstraction : « La neige est une des manifestations de l’abstraction. Elle arrête en chemin le dessin que tu sais faire au point de l’effacer ». Quand au fait de revenir inlassablement sur les mêmes motifs (La Jourdane, le barrage Zola, La Cathédrale Saint-Sauveur, Venise),
La place San Marco vue de la Judeca (30 années séparent ces deux tableaux) au centre une sculpture d'Amado
il me dit encore : « on ne se libère d’une chose  que lorsqu’on l’a apprise et qu’on la connait bien ». Cette évolution dans une continuité qui pourrait sembler stérile ou répétitive, abouti à une écriture personnelle où comme dans l’esquisse (d’une œuvre à venir) il ya une part de réel et d’imaginaire mélangé. « C’est un travail continuel ».
Nous avons parlé ensuite (ou entre temps) de « signifiant et de signifié ». Denis Coutagne a écrit un très beau texte à ce sujet  et sur ce « monde qui garde trace à sa manière d’une réalité picturale à déchiffrer en tâtonnant ».  Inutile ici de paraphraser tous les textes critiques publiés sur Fr de Asis (et ils sont nombreux) par  Vincent Bercker, Yves Bergeret, Alain Paire, Guy Vincent, ou encore par Yves Bonnefoy qui dans une exposition au château de Tours en 2005, avait réuni outre Fr de Asis , Alexandre Hollan, Pierre Alechinsky, Zao Wou-Ki, Gérard Titus-Carmel et quelques cinq autres dont je tiens les noms à disposition).
Nous nous sommes quitté sur le constat paradoxal suivant (j’aime bien les paradoxes!): je venais de visiter l’atelier d’un ami, d’un peintre /dessinateur ou d’un dessinateur/peintre- le sens de lecture a-t-il un sens?- dont l’atelier est la Nature, le dehors, l’impalpable. La pièce où nous étions étant plus un lieu de réflexion, de paroles échangées (présentement !),  un lieu de mémoire.et d’archives.
« Quand je regarde ces iris, ce n’est pas ce que je vois mais ce que je ne vois pas et qui est comme un mystère … je revendique "de peindre sur le motif" et ce que je donne à voir est au-delà du visible, le mystère propre à la Nature. »

François de Asis programme une série d’expositions à partir de mai/juin 2012 qui accompagneront la parution de l’ouvrage intitulé « Couleur » chez Fata Morgana, et tout lieu de penser que Vincent Bercker présentera son travail récent.
A signaler le catalogue « ENCHEVETREMENTS » édité par ARTEUM musée d’art contemporain en octobre/novembre 2008 qui regroupé les œuvres de Léo MARCHUTZ, François de ASIS, André MASSON, Pierre TAL-COAT (commissaire Vincent Bercker).

lundi 13 février 2012

corpuscule... opuscle


N'ayant pas pu prendre d'images à l'exception de celle-ci
, je  vous invite guidé par quelques aphorismes de Philippe Favier  à vous rendre d'are d'are au musée Granet à Aix en Provence pour voir les "séries" de travaux de cet artiste inclassable qui sans être "singulier" n'est pas moins "explorateur d'un univers paradoxal"  (Bruno Ely) qui n'appartient qu'à lui-comme tout artiste me direz-vous ?- et qu'il nous offre avec un sourire plein de malice et de poésie.
L'accrochage est particulièrement réussi ainsi que le catalogue dans sa préface où Bruno Ely,( conservateur en Chef , Musée Granet) campe le personnage et l’œuvre "qui séduit , attire, fascine, balance comme le cobra avant de mordre, s'impose, lancinante et irritante, comme la danse du moustique avant de piquer"   avec le brio que nous lui connaissons
"J'aime les contrastes et les idées qui s'entrechoquent, le mariage de la carpe et du lapin"
"Les associations d'idées provoquent souvent des confrontations incongrues. Si je n'aime pas le fantastique, lui, m’intéresse".
"Il est difficile de lire un livre à deux, il est délicat de regarder mes œuvres à plusieurs". 
"Je me sens plus dessinateur que peintre. J'aime le contact du crayon ou de la plume sur le papier,de la pointe du métal sur le verre; le mou du pinceau dans ce qu'il transmet de déséquilibre, de vertige, m'indispose quelquefois".
"Je donne vie au papier en dessinant des morts, c'est amusant, non?"
Je travaille beaucoup cela déroute les pensées lugubres. Paradoxalement, bien que j'affectionne la série, j'ai le sentiment de bien moins me répéter que certains.le renouvellement me semble le code obligatoire pour la construction d'une œuvre. Je ne peux faire autrement qu'aller au bout des choses. Je les fatigue, jusqu'à ce qu'elles m'usent et me lâchent.C'est ainsi que les séries s'enchaînent entre excitation et lassitude, recherche et abandon".
Pour ne pas vous priver d'images à travers les mots, l'ensemble de ces phrases qui sont inscrites ici et là sur les cimaises m'ont fait penser à l’œuvre de l’artiste conceptuel Lawrence Wiener(suivre le lien pour un autre voyage à travers les mots actuellement à la collection Lambert musée d'art contemporain à Avignon).

jeudi 9 février 2012

La magie du masque...

"Oui, le maque est toujours plus fort ...que l'acteur" nous dit Erhard Stiefel lorsqu'on a la chance d'avoir été accompagné dans la visite de l'exposition qui nous est offerte par le Bois de l'Aune par cet artiste d'origine suisse du Canton de Zurich (ou Lucerne) qui donne au ton de sa voix douce et expressive, un léger accent des plus sympathique. 
Mais si l'homme est affable, passionné,  héritier de cette culture théâtrale, qui passe bien évidemment par la parole -parfois à travers un masque!-, pour avoir à l'origine de cette création travaillé à la demande d'Ariane Mnouchkine  théâtre du soleil, la présentation qui nous est offerte ici est encore plus "magique".
Les masques "flottent dans l'air à hauteur du regard, dans une lumière noire, qui restitue à merveille l'atmosphère du théâtre. Au tout début la comédia dell'arte dont les masque nous sont plus familiers, puis s'enchainent les pays Indonésie, l'inde, le Bhoutan, la Thaïlande et la Chine puis pour finir le Japon avec les masques Gigaku (IV ème /VIIème siècle), le Nô et le Kyogen. ce que je retiendrai de cette visite ce ne sont pas les noms de tous ces masques environ une centaine sur les trois mille que compte sa collection, mais l'étrange beauté qui se dégage de ces quelques centimètres carrés de bois plus rarement de cuir ou de pâte à papier est la vie qui s'en dégage avant même qu'ils ne soient portés. L'âme même avant d'être un supplément d'âme.
"Magique" , "sublime" je n'ai pas peur des mots. j'ajouterai que l'originalité de cette présentation est qu'elle ne comporte pas de "masques africains" bien que je sois  grand amateur de  cette sculpture, mais qui aurait "banalisé" en quelque sorte le propos le ramenant à une dimension exhaustive dont je n'avais rien à faire dans cet instant de grâce.
Rikishi "GIGAKU" Japon création Erhard Stiefel

Boudrés dit "Boubou Bali création Erhard Stiefel
Le but ici est de faire partager une fois de plus coup de cœur ou visite d'expo. J'arrête là mes coup de brosse à reluire tout en félicitant au passage le directeur du Bois de l'Aune pour avoir eu l'intelligence  (et les moyens certes!)d'accueillir cette exposition,  présentée au préalable dans le Prestigieux TNP de Villeurbanne et au Théâtre Garonne de Toulouse. Mais les hommes de théâtre sont habitué à des coproductions inventives. Merci à Erhard Stiefel qui m'a permis de faire quelques photos de ses œuvres, la part plus "intime" de sa collection restant à voir sur place, jusqu'au 23 février du mercredi au samedi de 15h à 18h.les soirs de spectacles jusqu'à 23h.
Parlez en autour de vous, SVP.

lundi 23 janvier 2012

Virée marseillaise ... des galeries

le lièvre de mars
L'inventaire des expositions parisiennes est loin d'être terminé, je vous conseille pour suivre  une bien plus "brulante" actualité culturelle  d'aller sur le site "Exponaute" (Pour le moment le lien n'est pas évident à créer?). Il en est une tout de même dont le site ne parle pas: il s'agit de "Terres d'Afrique, retour d'Afrique", à la  Cité de la Céramique à Sèvres qui réunit, à l'initiative de Camille Virot,  onze céramistes européens qui de 1991 à 1995 ont effectués plusieurs séjours dans différents villages d'Afrique de l'Ouest  et jusqu'en Égypte.
Les combles du musée réaménagés offrent un grand espace visuel où les réalisations des uns et des autres s'enrichissent des techniques, des savoirs ancestraux, des formes, le tout accompagné de photos et de reportages vidéo témoignages de la richesse de ces échanges. 

Thiébaut Chagué
Michelle Gardelle
Erric Astoul


Mais revenons sur Marseille où il se passe aussi de fort belles choses dans les galeries.
Chez Anna-Tschopp une exposition collective nous permet de découvrir une excellente sélection des œuvres des artistes de la galerie (www.anna-tschopp.com) et en particulier des dessins de notre amie Mahé Boissel et les visages d'Alain Crocq. Le courriel/ lettre mensuelle   que nous adresse Yves Gnaegy est aussi une  lecture/mise au point des plus vivifiante.
Jean-Pierre ENOC , artiste discret m'avait invité à venir voir ces"interventions de toutes sortes sur les supports d'images publicitaires d et des périodiques les plus variés". Non content d'être face à un travail (petits et moyen format magazine) des plus original : "Je peins et "manipule"contre, avec colère .Il s'agit d'être dans l'incongru et l'irrationnel le plus possible"; celui ci est exposé dans la librairie "Le lièvre de Mars" 21 rue des Trois Mages, qui est une mine des trésors littéraires en tout genre où vous découvrirez des catalogues et des ouvrages (beaucoup de poésies) que je qualifie de "transversaux" ou under ground par des éditeurs "rares et courageux".A l'image de la peinture de Jean Pierre.



Jean-Pierre Enoc
  Poursuivant ma ballade, une halte s'imposait chez Sordini qui accueille jusqu'au11/02 les travaux de Janine Azara (peinture) et Gérard Fournier (sculpture). Je me réjouis de cet accrochage, car il est le signe de la ténacité de Janine à vouloir montrer son travail - grande qualité et homogénéité- dans les meilleurs endroits et de la confiance que le galeriste lui témoigne ainsi. 




Gérard Fournier
Janine Azara


















































































































 Aurais-je gardé le meilleur pour la fin ou pour le moins, le plus insolite? La VIP-art-galerie située tout à côté, au 66 rue Grignan présente le travail de Ismaël DIABATE (artiste malien très connu dans son pays)et les hôtes de ce lieu prennent plaisir à dialoguer avec vous, à expliquer l'étrangeté de cette peinture (est-ce bien le terme approprié?) qui effectivement se rapproche au prime abord avec les drippings de Jackson Pollock.Je vous livre in extenso le texte écrit à ce propos par Vincen Pollet, galeriste.
Petite explication succincte sur l’art du Bogolan:
"Le bogolan est réalisé exclusivement sur des tissus naturels en coton et avec des produits naturels. Suivant la pureté du tissu en coton et le nombre de trempages, les teintes obtenues seront de plus en plus intenses. Lorsque la couleur souhaitée est obtenue et après séchage à plat au soleil, l’artiste réalise son dessin à la boue (ou ‘’Bogo’’) venant principalement des berges du fleuve Niger. Les couleurs obtenues sont liés à la teneur en argile de la boue, elles peuvent être modifiées par l’adjonction de produits tels que la cendre. Plusieurs techniques sont employées pour l’application de la boue, le calame, pinceau, brosse ou par projections. Une fois la boue sèche et enlevée du tissu, les motifs apparaîtront en noir qui pourra être de plus en plus intense en répétant l’application de boue. La réaction chimique entre la teinture du tissu et l’argile à fait son œuvre et rend les motifs indélébiles.
Le mot bogolan, de la langue bambara (la langue la plus utilisée au Mali), vient des mots bogo la terre, et lan qui veut dire avec, on peut donc traduire ‘’faire avec la terre’’. Il désigne à la fois le tissu et le style particulier de teinture. Traditionnellement les symboles choisis du dessin ont une signification bien précise et constituent comme une signature pour que l’artiste puisse reconnaître ses œuvres. Le Bogolan teint à base d’éléments naturels et les motifs étant obtenues avec de la terre, à toujours était considéré comme un objet puissant porteur d’énergie vitale et protectrice. Des vertus thérapeutiques lui ont même été attribuées."

Ismaël Diabaté

Ismaël Diabaté
Pour ma part j'ai ressorti mon vieux catalogue "Les magiciens de la Terre" (exposition inoubliable à l'été 1989 à Paris) pour voir s'il n'y était pas déjà répertorié. C'est un oubli sans doute car depuis plus de 40 ans son influence  le situe comme l'un des précurseurs de l'art contemporain en Afrique.
Le second registre expressif de cet artiste m'a quelque peu surpris.Mais l'importance du signe tendant vers une saturation de l'espace de la toile crée un réseau labyrinthique envoutant.
A signaler, dans la réserve, une belle sculpture "caisson" d' Horst Egon Kalinowski,artiste allemand trop peu connu en France, mais qui avait il y a fort longtemps excité ma curiosité par l'emploi du cuir (Je pense à Patrice Cadiou (animulavagula), voir le blog de Florence : Imagesentete) comme d'une peau qui revêt ses volumes.
A signaler aussi la prochaine exposition du sculpteur Georges Guyes,qui comme à son habitude nous réserve la primeur de ses meilleures pièces. Une visite de son atelier s'imposera alors... s'il le souhaite!