samedi 18 juin 2016

De la danse au marché... de Peyrolles.

Les images fixes (le plus souvent) que je collecte au grès de mes pérégrinations muséales ou "urbaines" (entendez street art) peuvent aussi s'animer et se rejoindre dans des interventions dansées dont Bernard Menaut et sa compagnie ont le secret.
C'était ce samedi matin, jour du marché à Peyrolles dans le cadre de la manifestation"Par les villages".
 
D'abord  assis, immobiles sur le rebord de la fontaine près du beffroi,le danseur et le musicien intriguent.

Bernard Menaut et le musicien Laurent Charles





Présence incongrue. Le corps s'agite, se contorsionne, s'allonge , se redresse puis entame un aller retour frénétique et s'avance peu à peu au cœur de l'allée où sont les étals du marché et les chalands.
Le musicien suit les mouvements de Bernard. Il  ponctue, à moins que ce ne soit l'inverse, sa gestuelle. Osmose du son et du mouvement.  Ils se "lovent" entre les gens, en allant à leur rencontre provoquant leur étonnement, la surprise, puis le rire et la bonne humeur.
La tête de Bernard dans une corbeille de petits poussins est un morceaux d’anthologie.
La posture allongée, jambes en l'air sur une palette de melon, est elle aussi cocasse.
Bref une demi heure insolite de pur bonheur sur ce marché dans Peyrolles "city."

Un spectacle de rue "éphémère" lié à l'improvisation magistrale d'artistes "rares"... et c'est tant mieux!



samedi 11 juin 2016

WIM BOTHA à la Fondation Blachère

La Fondation Blachère récidive dans la présentation d'une œuvre atypique époustouflante de beauté indicible et de sensibilité retenue, celle de l'artiste sud-africain Wim Botha.


Sur le carton d'invitation "Explorant matières et formes, lignes et équilibres à la manière des maîtres de la Renaissance, le travail de Wim Botha, parfois délicat et sensible, parfois brut et mutilé, puise ses forces dans la maîtrise des techniques traditionnelles de la sculpture , du dessin de la peinture et se met en scène dans de monumentales installations.

 
Bois, livres, polystyrène, verre, néons... sont autant de matériaux que l'artiste sublime.
Une démarche unique et singulière, s'affirme et se ré-invente dans un registre original et renouvelé de formes et de techniques.





L’œuvre est là , troublante et attractive, empreinte de mysticisme, interrogeant nos peurs et nos désirs.

 Je ne voulais en aucune manière paraphraser cette excellente présentation qui de plus s'accompagne dans l'exposition d'une  vidéo/interview (où l'artiste parle de sa manière très personnelle d'aborder la création) et d'un catalogue fort bien documenté également..


 Ces images pour vous inciter à vous rendre à Apt d'ici au 1er octobre 2016.

mardi 24 mai 2016

Zeco ne donne pas dans la déco!

C'était à Rousset (13) peu avant la nuit des musées, le 21 mai, pour un vernissage sympathique et atypique, rare s'il en est,  "dans et hors" du local des AIL lequel, après le 4 juin, sera voué à la démolition.
Avec l'accord des AIL et le maigre soutien de la Mairie, (sinon "moral" ) Zéco est donc intervenu pendant plusieurs jours (on s'en doute, vu l'ampleur du travail réalisé!), et  a couvert les murs intérieurs et extérieurs de ce local: Une véritable œuvre à ciel ouvert, comme une sculpture colorée et/ou une boite de peinture à l’intérieur de laquelle il est possible d'entrer.

L'invitation.

Le bâtiment des AIL (en place depuis 50 ans!)


Zéco c'est le nom d'artiste "graffeur" qu'il se donne et je ne sais pourquoi précisément, sinon qu'il me semble s'agir dans cette branche là de l'art contemporain,  d'une  tradition, d'un code comme Banksy ou Deuz (que nous avions accueilli à Paper Art Project en 2013).
Des noms qui fusent comme la peinture sous pression qui sort avec force, avec rage parfois, des bombes aérosols qu'ils utilisent  pour former un entrelacs de traits, de taches de couleur  qui ne sont pas s'en rappeler le "dripping", le "all over" d'un  Jackson Pollock.
Dés l'entrée nous sommes immergés dans l'univers de Zéco avec des clins d’œil à Marseille, à son univers poétique et les chanteurs Serge Gainsbourg entre autre qu'il affectionne. Les photos parlent d'elles-même... 
La poésie partout!

Marseille et la Bonne Mère


Un chien de papier (génial)

Zeco réglant les derniers détails.
Hâtez vous avant le 4 juin, c'est de l'art vivant (avant démolition!) qui vaut le détour sans modération.De plus le reportage réalisé par l'association ARC Images  suit pas à pas l'artiste dans la progression de son travail et retrace avec nostalgie l'histoire de ce lieu ... 50 ans déjà.

mercredi 18 mai 2016

disparition de François Morellet


La mort, le 11 mai dernier, de ce plasticien, me donne l'envie de reprendre le cours de mes articles (qui se voudraient être à la pointe de l'actualité artistique "vivante") afin de partager avec les lecteurs, mes coups de cœurs, ces "images" glanées ici ou là.

François Morellet
J'ai eu le plaisir de rencontrer à deux reprises   François Morellet en octobre 1982, lors de la manifestation Encyclopédants, Savanturiers, Créatueurs  organisée conjointement par l’École des B.A. d'Aix en Provence et l'Association "Perspectives" puis plus tard en 1995, au centre d'art contemporain de Fréjus, le Capitou (aujourd'hui disparu). Peut-être inconsciemment ai-je été marqué par son humour, sa simplicité, et la large place qu'il laissait au "hasard"- source d'espaces poético-plastiques. Peut-être avait-il adopté, le mode de réflexion  cher à l'architecte Mies van der Rohe  "less is more". 
 De multiples "expérimentations"  ou déclinaisons d'un même principe conceptuel "minimaliste" : stell life, geometrees, trames, néons, répartitions aléatoires,fondent  une œuvre foisonnante d'une exceptionnelle originalité.



Steel life N° 35 (1990)

Rotesque 1994

Géométree n°92 ,1985

Il nous reste donc son sourire,ses multiples clins d’œil à l'art de notre temps, et tout particulièrement au "minimalisme", bien que j'imagine que, par delà les nuages, il ne souhaite pas être  rattaché,  à une quelconque "chapelle". Un texte critique pour conclure de la revue Télèrama., bien plus précis que ma propre subjectivité critique.
 


lundi 14 décembre 2015

La tuilerie Bossy (près d'Aix-en-Provence)

La tuilerie Bossy (il est intéressant de suivre ce lien quant à l'histoire du lieu) , à la fois repaire et repère artistique, presque entièrement dévolue à la céramique avec sept "artistes de la terre" (il y a en outre un ferronnier, deux peintres, un horloger et un photographe), est située sur la route de Luynes à Gardanne à proximité immédiate du Lycée agricole de Valabre. 
Ce W.E. dernier ils ouvraient leurs portes ... comme de coutume, à l'approche des fêtes de Noël.
La renommée du lieu, la convivialité assurée par la disponibilité des artistes (à laquelle s'ajoute un service de restauration),  la qualité des travaux présentés assurent désormais à cette manifestation une grande affluence et je l'espère des retombées économiques!
Il est bien sûr possible d'aller à la rencontre de ces artistes au fil de l'année sur RDV :ce sont des lieux de travail.. d'où  l’intérêt de la visitepar rapport à une galerie et de dialoguer avec eux. A proximité des fours de cuisson , il fait bon en hiver et les achats de Noël ou pour l'année entière ne sont pas encore conclus peut-être.!

Vincent et Monique Buffile ont trouvé là un "refuge temporaire"  à la  suite à l'incendie accidentel de leur atelier aixois: traverse de l'Aigle d'Or et familial (depuis deux générations ). Bien heureusement cet hébergement, leur a permis de poursuivre une création originale et importante en direction des grandes boutiques de décoration et de réaliser des "produits dérivés" pour les musées nationaux (Picasso notamment.). Ils travaillent aussi en collaboration avec neufs artistes qu'il est important de découvrir en parcourant leur site Internet.

Grand plat en cours de réalisation.

J'ai apprécié que Vincent nous montre avec fierté (et reconnaissance !) le four électrique dernière génération, qu'il a pu acheter "en urgence", pour ne pas interrompre leur travail, grâce à une opération de "crowdfunding" lancé auprès de leur nombreux amis. 

Vincent ne manque pas d'humour!

Le deuxième atelier est celui de Doris Happel qui avait exposé ses travaux au SM'ART 2015 et dont j'avais ,sans difficulté, repéré l'originalité, œuvres de porcelaine blanche, avec des passages de noir gravés finement
Sculptures organiques

ou constructions
 
 (axones, transhumance) 
 

 
sont d'une légèreté (visuelle) étonnante proche de la fragilité, qui n'est (bien sûr!) qu'apparente. Sans aucun doute, ce sont là  les traces d'un séjour au Japon auprès de maitres confirmés de cette technique. Ne qualifie-ton pas -bas les céramistes et autres artistes de" trésors vivants"! Un titre que j'accorderai volontiers à Doris Happel et à ses travaux.











dimanche 6 décembre 2015

De la Matière au sacré. Xavier Spatafora

Le titre à lui seul mériterait le déplacement jusqu'à Cavaillon. De la matière au sacré.
Si ce n'est aussi que le travail sur "affiches arrachées" avait fait l'objet d'un très bel accrochage à L’Hôtel de Gallifet (Papiers Poèmes) dans le cadre de Paper Art Project organisé par l'Association GUDGI en 2013 et plus récemment en 2015 au SM'ART toujours à Aix-en-Provence, m'avait  donner envie de réactiver une forte empathie  et voir son évolution.
Les œuvres se répartissent en trois lieux et trois volets: l'imprimerie Rimbaud "de la matière à l’œuvre", (qui édite un catalogue très original: à l'origine , les affiches) à l'Espace Esperluette, de la matière à l'atelier, (où Xavier transporte son "atelier" dans un vaste espace et où s'opère la transmutation, "résultat d'un ultime devenir") 

 et à la Chapelle du Grand Couvent de la matière au sacré (où s'opère la sacralisation, "une métamorphose d'une matière habituellement vouée au recyclage, dans un sens poétique et métaphorique, loin du religieux mais tout empreint de spiritualité".
Ce que les mots deviennent

Une grande fresque: ce que les mots deviennent, se déploie sur toute la largueur du cœur et invite à la contemplation et la méditation.D'autres "métamorphoses" où j'ai vu plus des nuages ou encore d'anciennes cartes découpées à l'échelle d' "ilots du rêves" se détachent sur les murs latéraux de la chapelle (désacralisée et vouée aux expositions ... comme on rêverai d'avoir à Aix-en-Provence)


Jusqu'au 19 /12/2015 du lundi au samedi de 14h à 18h30.

dimanche 22 novembre 2015

Carte blanche Michel Barjol.

Michel Barjol est directeur de la Galerie Martagon à Malaucène(84) depuis de nombreuses années. Au fil du temps, faisant preuve aussi d'une grande constance et ténacité, il a su réunir autour de lui,  il est aussi plasticien et des "habitués" du lieu amateurs et collectionneurs, une pléiade d'artistes de grands talents et donner ainsi la possibilité  de nous les faire connaitre.
La distance m'éloigne de ses accrochages que je sais être de grande qualité.
Depuis  octobre 2012, date du premier événement "Formats raisin" (50x65 cm) Les vendanges sont finies..., il propose un accrochage  de travaux réalisés par les artistes de la galerie, qu'il s'agisse de peinture, de dessins ou de photographie avec pour seule contrainte le format.... raisin! En 2013 Les vendanges tardives...En 2014, le meilleur "jus", si j'ose dire, voyage jusqu'à l'espace Vallés à Saint Martin -d'Hères et en 2015 un autre "jus" de très grande qualité, est accueilli à ARTEUM Musée d'art contemporain à Chateauneuf-le-Rouge . Cette idée de "nomadisme" qu'il met en place est très intéressante et l'équipe d'ARTEUM a bien fait de lui donner carte blanche.
J'arrêterai là les louanges. Point trop n'en faut! Place aux "images"
La qualité de mes photos reste "lamentable" dans la mesure où beaucoup de dessins sont généralement sous verre (au diable les reflets!), ou d'une grande finesse relavant de la ciselure comme le travail de Pascale Hugonet ou Rose Lemeunier Les artiste voudront bien, m'en excuser.
Pascale Hugonet expliquant avec enthousiasme son travail

Rose Lemeunier

31 artistes, qu'il me faudrait tous citer en images tant leur travaux ont accrochés le regard de votre serviteur qui s'estime pourtant rompu à "l'amour du dessin". Les cimaises d'ARTEUM permettent un accrochage bien pensé , bien "aéré", lumineux! et nous offre quatre à cinq formats(raisin) par artiste. Lesquels par leur "présence", leur réponse à la curiosité des uns et des autres ont fait de ce vernissage une fête.
Franck Lestard

Laurent Galland

Marc Tardy

Michel Barjol

Pascal Simonet

Patrick Sirot

Tamina Beausoleil
  Il est donc important d'aller voir de plus près ce bel ensemble exposé jusqu'au 19 décembre 2015. C'est bien connu : l'art "adoucie" les mœurs! En tout cas: d''une manière ou d'une autre, il témoigne.