dimanche 25 novembre 2012

"Inventaire" avant le départ.





J'avais depuis fort longtemps l'intention, l'envie, d'enrichir ma quête d'images et de partage du côté de chez Ninon Anger. à Venelles.
Le plan de travail... les traces
Voici deux ans, Ninon déménageait de Puyricard à Venelles.  Le trajet n'est pas long, mais l'adaptation à l'intérieur du nouvel atelier,(même si pour l'instant la surface ne s'est pas pas énormément agrandie! ce qui ne devrait pas tarder m'a-t-elle dit) la "perméabilité"  à l'espace extérieur, prennent du temps. La lumière n'est pas la même, plus forte m'a-t-il semblée. Il s'agit de retrouver ses marques, de redéployer les objets, les pierres , les

Les feuilles , les formes , les empreinte, les tampons naturels
feuilles, les traces de cette nature  qui lui est chère et qui accompagnent sa création; puis aujourd'hui, de rétablir les contacts avec les galeries ou répondre à leur demande, ce qui est toujours plus gratifiant que l'inverse. Dans l'immédiat, c'est  la galerie ElisArt à Châtenay-Malabry., (voir l'invitation enfin d'article) qui soutient avec conviction et bonheur, j'imagine! son  travail  depuis plusieurs années. Elisabeth Marrou, sa directrice,  est venue auprès de Ninon faire ses choix.
L'arbre"figuratif" (contemporain)
Le détail envahit la surface.Arbre abstrait.
C'est une bonne chose, car comme le disait un ami  chargé de mission en arts plastiques à la DRAC PACA, "nul n'est prophète dans son pays". Certes le fan's club est là pour nous réchauffer les soirs de vernissages et nous ne saurions nous passer de cette fraternité, mais il est bon de prendre le large et d'aborder d'autres cimaises.
Etats d'arbre 2012



Inventaire (donc) avant le départ  de travaux rappelant pour les uns "un certain passé" que je qualifierai de "figuratif contemporain"  proche du motif puisque précisément exécutés SUR le motif, mais avec une touche picturale quasi géométrique.Avec même des empreintes de feuilles à même le papier. Pour d'autres œuvres  très récentes,  la peinture (dés lors pratiquée avec des spatules larges et souples en caoutchouc semi rigide )  pourrait s'apparenter à une vue macroscopique (d'une écorce de platane par exemple) où le détail vaut pour le tout et remplit  la toile de sa forme dans une abstraction  totale. Bien que Ninon s"en défende, l'ombre tutélaire de Poliakoff plane au dessus de ce travail même si les voies pour y parvenir sont différentes. (J'aime à faire des rapprochements qui peuvent paraitre incongrus?) Le dessin des "plaques" (tectoniques?), les "contours" se fondent parfois et laissent apparaitre "seule", une monochromie subtile, richement rehaussée par une "matière" très personnelle.Ninon excelle dans lemarouflage des papiers de soie. Techniques mixtes par conséquent pour ces multiples États d'arbre auxquels nous convie Ninon.

Etats d'arbre

J'ajouterai que si Ninon ne parle pas volontiers de son travail - toute question sur celui-ci est une" torture"  dit-elle- les vannes de la parole s'ouvrent sans retenue pour le chemin de traverse que prend son travail...

Un fois par mois, à Lauris,  elle accueille avec Sophie Revault et la poétesse Martine Debas,  5 à 6 stagiaires qui laissent libre cours à leur imaginaire tant autour des mots, que de l'image et de la matière du papier pour la création de livres uniques. La transmission d'un savoir penser et d'un savoir faire dans le partage et l'échange.

Pour tout cela et bien plus on espère que Ninon nous montrera bientôt et plus près de chez nous, ces arbres  dans leurs états si particulier. Bon succès assuré.
 





lundi 22 octobre 2012

Du CINEMA de ROQUEVAIRE à 200RD10

J'avais usé du titre de mon précédent article De tout un peu.au mois de juin déjà..  Radoterai-je comme un vieillard sénile atteint d'un Alzheimer précoce ou bien est-ce parce que les expositions de qualité sont nombreuses en ces temps... qualifiés "de crises". J'entendais ce matin que les entrées à la FIAC, bien qu'à un tarif exorbitant (35€) selon moi, étaient en hausse ainsi que les achats d’œuvres d'art contemporaine. Sont ce les mesures gouvernementales qui confirment leur défiscalisation  cumulée à un vent de crise ou bien une médiatisation poussant à l'hystérie certains acquéreurs potentiels,  les plus fortunés vers ces" refuges existentiels" dont on peut débattre à satiété dans notre société consumériste.
Après cet écart  dont mon lecteur me pardonnera l'impertinence critique à l'égard de cette foire ; "il parle de ce qu'il n'a pas vu, le cuistre!" j'en reviens à ma quête d'images ou plus précisément à l'ouverture d'un lieu :" Le cinéma" à Roquevaire.


L'appareil de projection prêté ce soir de vernissage et miraculeusement sauvé.
les altotypes d'Alfons Alt sur le grand mur du fond

 Sur l'emplacement précisément d'un ancien cinéma , Sylvie Argondico et Corinne Ala.ont ouvert cette galerie associative avec les œuvres de notre ami Alfons Alt (altotypiste) photographe  dont j'avais évoqué le travail suite à son exposition à la Chapelle Saint Sulpice à Istres en avril dernier.
Ce lieu par son volume est surprenant, bien que pour des raisons "obscures " dues aux risques d’inondations "improbables" de l'Huveaune qui passe au pied  de l'ancien bâtiment, il ait été amputé de quelque 30 m2 couvert.
Par bonheur la façade ayant été préservée "dans son jus!", cela crée un patio fort agréable où j'imagine quelques sculptures venant se loger là et des tables en été pour se reposer ou dialoguer avec nos hôtesses. Le volume est haut de plafond, blanc, bien éclairé par des Velux en toiture rampante.
Une affluence record était attendue autour de cette inauguration et de cet artiste connu dont le choix avait été conseillé par  Claude Darras critique d'art et chroniquer littéraire.
Une foule d'amis dans ce vaste espace passant de l'image cinématographique à l'image fixe.
Claude Darras à gauche Alfons Alt à droite souriant comme à son habitude.


 Quelques artistes amis (dont je tairais les noms) était là  par amitiés et pour faire connaissance avec ce lieu en terme de perspectives peut-être, . J'ai noté dans le livre d'or " longue vie à cette structure" qui porte le non énigmatique mais prometteur de repaire d'art. Gageons que la programmation comme cela fut annoncé, attirera beaucoup de visiteurs et de collectionneur... comme la FIAC 2012!!!
Un altotype d'Alfons Alt (dont je n'ai pas noté le titre oups!)


L'image ci dessus n'est pas posée là par hasard. Elle sert de transition ,avec le lieu 200RD10 , espace bien plus  vaste que le précedent dont il n'est plus nécéssaire de faire ici la présentation ni la qualité des accrochages que nous y rencontrons depuis plusieurs années-10 ans peut-être?
Raymond Galle: Broussailles

Raymond Galle, y présente  "  broussaille et labours" en compagnie de Georges Guye qui nous livre, pour sa part, sa vision de la nature telle qu'il la voit au travers de ses marches. Ce "point de vue" du marcheur, contemplateur de  nature est suggéré par des fragments d'anatomie: une main  posée sur le bâton  du marcheur, un pied chaussé de solides cothurnes ou deux avant bras reposant sur ce même bâton afin de contempler le paysage. De grand panneaux dressés sur le mur stylisent cette nature abstraite dans un blanc immaculé qui nous transporte au delà de l'image même, dans un au delà de la forme, de la sculpture, en suspension dans une perception éthérée du monde.L'éclairage savamment dosé participe de cet état vaporeux. 
Les mains de Georges Guye ... "contemplant" un labour lointain
Le pieds de Georges Guye "en arrêt" devant les sillons du laboureur.

Aux deux étages supérieurs se déploie le travail de Raymond Galle.  Avec ce même regard de flâneur attentif (cependant) aux trésors cachés que la Nature révèle aux artistes curieux (par nature?); il nous donne à voir des broussailles enchevêtrées finement ciselées par les rehauts de noir sur fond de photographies.
A propos de ce travail (mais aussi celui de Georges Guye me semble-t-il ?) l'écrivain Ludovic Iacovo signe et conclu un très beau texte par ces mots: Que l'on se mette à contempler les traits que dessine l'agriculteur, ceux que gribouille l'enfant ou encore ceux que la broussaille élève au-dessus de l'horizon, on y perçoit une fraîcheur du trait qui à pour même origine la force (Kandinsky): force terrestre ou force végétale, l'artiste en prolonge l'écho de telle sorte que résonne en nous notre propre sentiment d'exister.

Raymond Galle : entre branches et broussailles
 

Raymond Galle poursuit de manière rigoureuse, personnelle les sillons précédemment creusés autour (ou dans) des sous bois , au pied des montagnes et la volonté photographiée,écrite et dessinée de "je voudrais devenir pierre. A signaler (aussi) les écrits de Raymond Galle La voie des pierres Avril 2012  et de l'autre côté octobre 2012.  
A voir pour la première expo jusqu'au 20/11/2012 et la seconde jusqu'au 4/11/2012. Bonne route dans tous les sens du terme.
 
 

lundi 15 octobre 2012

DE TOUT UN PEU. Le temps me manque!

Il y avait le 6 et 7 octobre à Boulbon une manifestation artistique bien sympathique intitulée "Histoires d'Arbres" naturellement concocté à Boulbon par l'association  boulbonalencresympahique.
Ce n'est pas parce que j'ai été invité par Ingo et Véronique à présenter mes "arbres de stencils" que j'affirme que c'était bien , non! 
Tricote moi un chandail

Craie en mosaïque sur le platane qui a perdu son écorce 

Ventre creux, béance naturelle, le platane résiste!

Sculpture d'Ingo Hoffmann
C'est parce dans un même élan de convivialité et de simplicité se mêlaient musique en  fanfare à trois, lectures de textes, de poèmes, aquarelles, tricot sur platane,sculptures et peintures sur arbres!!! J'ajouterais seulement quelques photos à celles très nombreuses et trés chaleureuse (il faisait encore très beau et chaud) que je vous invite à allez découvrir sur le Blog Boulbonalencresympathique .

Une autre exposition le même jour... [j'ai presque pu me dédoubler(?)] l'association Perspectives" dont je suis ici le président d'honneur , faut-il le rappeler!,  présentait dans le grand hall de la Mairie de  Peyrolles et pour la dernière fois (pleurons, pleurons pour éteindre l'incendie!) quelques "Preuves du feu" autour d'une thématique des plus chaude : le feu, après les trois autres éléments l'eau , la terre et l'air .
Deux photos encore pour se rappeler de l'excellente prestation théâtralo- chorégraphique de la Compagnie PICA-PICA, "chaude "elle aussi, sur un texte de Valère Novarina dont j'espère publier le contenu ici même dans peu de temps et  où il est question des "feux de l'amour" m'a -t-il semblé..
Amore mio!

Dove ti trova?
Comme chacun sait il n'est rien de plus combustible que l'amour qui fait sauter tous les fusibles.

Sébastien Lagrange
Soyons sérieux et revenons sur PHOTAIX 2012 , à la croisée des regards cubains et provençaux. Tout d'abord un excellent catalogue (pas cher) garde pour moi la trace de cette excellente manifestation (décidément je trouve tout excellent ce soir!). Il faut rendre hommage à La Fontaine Obscure, à son président Marc Célérier et à son équipe, qui au fil des années accueille sur les cimaises prestigieuses du Musée de Tapisseries des photographes du monde entier. Et quels photographes!
Adonis Mariano Flores Betancourt

S'ajoute à ce point de focalisation internationale donc, une kyrielle d'autres galeries qui présentent elles aussi de belles photos.
Je  citerai volontiers celles de Vincent Bercker (Nphotographiques d'hier et d'aujourd'hui)uset de Frank Marcellin.(Philippe Garcin-Marcon). Les autres galeries de ce parcours original attendent ma visite ainsi que la vôtre. La photo ci après est hors concours;;; j'ai saisi "sur le vif" ces enfants si sages, là dans leur coin à attendre sans doute leur parents artistes/ photographes que j'en suis encore tout ému!!!

sages visiteurs anonymes avant que les nombreux spectateurs ne les délogent



Pour conclure et par  la photo encore, (sortie "Perspectives" 13 octobre), un très beau panorama de la Collection FRAC Languedoc-Roussillon qui présente par le truchement de son directeur Emmanuel Latreille Questions d'images (visage de sable) jusqu'au 31 décembre. au Carré d'Art de Nîmes. Cette exposition se déploie exceptionnellement dans les salles du 1er étage habituellement réservées à la collection permanente du Carré d'art.                                   
Marylène Négro Eux/Them 2001
Pour les trente ans du FRAC, il fallait de l'espace! Il a permis un accrochage par thématiques et rapprochements des créateurs/artistes photographes de tous horizons internationaux, connus et moins connus avec une forte proportion pour les artistes de la région, ce qui est à souligner.. Cette visite commentée, initiée par l'association "Perspectives" -il est bon  de le rappeler-  était une découverte.enrichissante  par sa qualité et ses ouvertures.

Natacha Lesueur Mathilde, Chantal, Lorraine, Lucie. 2007

  
 Dommage qu'il fallut la faire au pas de course pour voir la deuxième expo de  EIJA -LIISA AHTILA, artiste scandinave internationalement connu (ah, bon!) qui présente six vidéos très inintéressantes elles aussi ... pour peu qu'on prenne là aussi le temps d'aller jusqu'au bout de chaque propos.
Nous reprenions le car pour la visite à Montpellier de l'exposition (magistrale et s'achevant le lendemain): Ombres et Lumières Caravage et le Caravagisme Européen. Là, au Musée Fabre aucune photo possible. Je renvois mon lecteur à l'abondante communication qui relate cet évènement. Côtoyer deux univers picturaux si éloignés dans la même journée amène à certaines réflexions et plus particulièrement entre la lumière captée par l'objectif photographique (relire à ce sujet  "La chambre claire" de Roland Barthes) 
et le Clair/Obscur (oxymore, je vous aime!) propre à Caravage et à ses nombreux "doubles". (Les membres de "Perspectives" comprendront.)




lundi 24 septembre 2012

Question de conservation!


Le domaine Château La Coste (en Provence) n'a certainement pas besoin que je parle de lui en terme d'excellence de sa production vinicole.la publicité qui fait dans de nombreuses revues lui assure la renommée que nous lui connaissons. Je préfère rester sur le plan de la conservation très importante pour le vin mais aussi en terme d’œuvre d'art et surtout de sculptures contemporaines.
Avec l'association "Perspectives", guidés vers ce lieu magique par Florence Laude, nous avions découvert il y a un an, le chai dessiné par Jean NOUVEL dans un "geste" architectural sans précédent en la matière et surtout dans cette Provence habituée aux tuiles rondes , au crépi et à des bâtiments orthogonaux comme en attestent les  structures anciennes et la bastide XVIIème/ XVIII ème (partie privée qui ne se visite pas et qui se devine à peine, intimité oblige). .

vue partielle de l'art center à gauche, de l'araignée de Louise Bourgeois au centre et du chai par Jean Nouvel à droite
En dehors de cette visite passionnante, et si nous n'étions pas  restés sur notre soif ce jour là, j'étais pour ma part resté sur ma faim métaphysique: l'Art center de Tadao ANDO  était en cours de finition et la visite du parc de sculptures n'était pas prévue. Seul l’amphithéâtre (Pavillon de musique) de Frank O GEHRY avait eu droit à une" indiscrétion" rapide de ma part, un simple coup d'oeil.
Frank O. Gehry pavillon de musique
Peu importe aujourd'hui ma quête d'images est satisfaite tout autant que ma curiosité laissée en attente.Sur un parcours de plus de deux heures, car pourquoi pressé le pas devant tant de beautés, forets de chênes et de pins et vignes accouplées, parsemées d’œuvres monumentales in situ à se pâmer il vous faudra flaner.. Des Origami benches (banquettes de repos) dessinées par Tadao Ando permettent des haltes nécessaire pour les marcheurs récalcitrants  et des moments de méditation bénéfiques pour tous.
Tadao Ando origami benches

Nous sommes dans l'espace du land art si tant est qu'il faille encore qualifier ces sculptures, ces architectures qui se fondent dans le paysage, se laissent envahir par la végétation et la lumière tout en laissant leur trace, leur marque pérenne.
Guggi Calix meus inebrians

Je me plais à penser que le propriétaire de ce domaine, riche certes, applique les même règles quant au choix des cépages d'une part et à l'implantation des œuvres d'autre part et à leur vieillissement, à leur conservation. .
Louise Bourgeois crouching spider

Richard Serra Aix
C'est beau. Le droit d'entrée peut paraitre cher! mais ça vaut bien deux séances de cinéma (à tarif réduit au Mazarin!. Allez y avec du soleil sur la tête et dans le cœur. Il n'y rien à comprendre ni a expliquer. Ne cherchez pas autre chose que ce que vous voyez même si surtout (ou apparemment) ça ne ressemble à rien!
 Sean Scully wall of light cubed   

mardi 18 septembre 2012

ENTRETIEN (improbable) avec Georges RINAUDO



Par ce beau dimanche de fin d'été, un été devenu indien ou mieux "ciotadin", j'ai décidé de me rendre à La Cioat donc, chez Georges RINAUDO, et cela à la suite des entretiens que nous préparons Florence Laude et moi en vue  de l'exposition "Traits...intimes" à ARTEUM musée d'art contemporain en fin d'année du 21 novembre au 22 décembre 2012.
Je savais déjà, par téléphone, que Georges, ami de longue date (et complice de multiples expositions en tandem), ne dirait pas d'avantage que les quelques réponses sibyllines qu'il nous avait transmises par la poste (n’espérez rien de lui par Internet!).
 Question:Pourquoi le dessin ? C'est moins salissant que la peinture 
ou bien: Qu'exige le dessin? Un crayon.

Le seul fait que j'ajoute aujourd'hui: un crayon... bien taillé, comme en atteste la photo ci-jointe (où s'accumulent dans un grand plat, les rognures de bois de Critérium HB1 à 9), tombe tellement sous le sens,qu'il ne l'aurait pas dit ou cru bon de le préciser.
Récolte de rognures de bois de Critérium
Question :Le dessin rêvé ?: C'est un dessin réussi.
L'évidence est telle, à nouveau, cumulée à une réelle  modestie  qu'il laisse à celui qui regarde ses dessins, le soin de voir, d'y voir non pas ce qu'il a voulu dire ou montrer - ce serait présomptueux de sa part - mais ce que un tel , une telle en attend, lui le "voyeur", intérieurement. Une sorte d'offrande dans l'échange et dans ce silence qui lui est cher. Je ne sais pourquoi me vient à l'esprit ce livre de Daniel Arasse: On y voit rien. A voir donc!
En vue d'une transcription agrandie "au carré"
Dés lors où  l'intimité se niche-t-elle dans son travail? Est-elle visible au delà de l'image, bien souvent transcription (au carré) de photographies personnelles ou puisées dans la  presse quotidienne dont il est un lecteur assidu.  Ou encore et en vérité, est-ce pour la qualité et l'originalité de son trait, de la trace que laissent ses crayons, mine de plomb ou de couleurs sur la feuille de papier, somme toute anonyme? Sont-ce ces hachures microscopiques, mille fois répétées, enchevêtrées serrées, ramassées qui créent  probablement une image particulière comme une marque de fabrique? Est-ce son aspect velouté voire la volupté (pour reprendre le terme de Théophile Gautier) qui s'en dégage et amène ainsi à une certaine intimité, avec l'artiste et ses sujets? Sont-ce des œuvres devenues icones contemporaines associant signifiant et signifié dans une relation "naturelle" (dixit le Petit Robert1)? 

Il y a le choix dans les nuances de gris... surtout!
Une série...plus proche de la B.D. mais toujours la phrase qui accompagne, histoire d'y voir mieux.
Georges, homme de lettre, auteur en 1990 d'un lexique élémentaire à l'usage des nouveaux distraits dont je recommande la lecture (recueil d'aphorismes que je me plais à comparer avec ceux de Louis Pons) égraine au bas de ses dessins un début de réponse, comme un garde fou pour ne pas s'égarer dans une interprétation trop éloignée de l'intention primitive .
Ainsi de la série , mot qui a tout son sens dans l'importante "production" (le mot n'est pas impropre aujourd'hui pour désigner  le travail d'un artiste.. il serait même "tendance"! ) "Tentative d'approche pour un portrait de maison de campagne du côté de la Cadière d'Azur", il insiste volontiers sur le mot portrait  en dix "facettes" ou approches intimes de sa maison tant vue de l'intérieur que de l'extérieur, avec les objets qui captent son attention du moment.
Fin de journée. La porte fenêtre de la salle de séjour et la chaise longue
 Il se compare volontiers à un peintre cubiste qui sur un même tableau aborderait le visage sous différents angles. Cette série,qui sera exposée à ARTEUM, est aujourd'hui suivie d'une autre en cours intitulée, pour l'instant, autoportrait, alors même qu'il s'agit de gens de son entourage ou non autres que lui. Peut-être glissera-t-il son propre visage, mais rien n'est moins sûr. Je pointe donc ici et à nouveau l'aspect singulier de sa démarche avec toute la subtilité des titres mentionnés au bas de ses dessins.Une multitude de dessins en cours et ceux d'hier, disposés un peu partout, m'incite à écrire, car il ne me le dira pas lui-même! que Georges est un "stakhanoviste" du trait et par extension du dessin.
Des dessins partout en attente.. écrasés de lumière

En dehors d'une "petite sieste"qu'il s'accorde comme tout bon méridional né à La Ciotat, je le sais littéralement scotché à sa table de dessin du matin au soir . Gide dit : le "stakhanovisme a été merveilleusement inventé pour secouer le nonchaloir. et Théophile Gautier parle des voluptés du nonchaloir et du bien être du chez soi. Rinaudo oscille entre ces polarités. Il voyage peu... ou beaucoup dans ses dessins à la rencontre de l'autre. Rinaudo apporte aussi à la publication des ses catalogues un soin tout particulier, attentif  quant au choix des papiers de couverture et de l'impression. Ses dessins accompagnent les récits  d'amies telles   Chris Ballaré (Le canal du Midi- une pédalée de Toulouse à Agde 2012; Au marché à Fontbarlettes 2008) ou Françoise Séloron (Recto-Verso, Collages, montages, télescopages etc...2005). On retrouve notre homme/dessin attentif aux mots et aux images, à leur rapport intime.
Après ces paroles qui paraitront flatteuses à certains et loin d'un véritable dialogue, pour ne pas terminer sur une note  par trop moniale, en cette Journée du Patrimoine, j'ai fait une halte à Pont de l'Etoile/Roquevaire où la célèbre maison de celle qui peint de Danièle Jacqui brille en permanence de ses ors et miroirs, C'est une autre histoire bien entendu!

La maison de celle qui peint de Danièle Jacqui à Roquevaire  ... bien singulière

mercredi 5 septembre 2012

Hier, aujourd'hui... et peut-être demain!

Le temps ne fait rien à l'affaire... comme dit le poème.
J'avais envie de parler des outrages du temps ou à l'inverse des réhabilitations que les hommes opèrent pour rendre aux monuments leur couleur, leur forme ancienne, sans parler des la chirurgie esthétique qui est un autre domaine, n'est-ce pas? Car la nature, elle aussi, au fil du temps (et ici au fil de l'eau en l’occurrence) modifie les architectures originelles construites par l'homme par des dépôts (calcaires notamment,comme nous allons le voir!), des salissures, des griffures, sans parler de destructions massives lors de séisme ou autre tsunami .
A l'approche des Journées du Patrimoine qui portent cette année sur le thème de l'eau, ces images (et cette fois ci, cette "enquête" et non une simple quête)sont à regarder de plus près.
Dans mon village l'eau est très présente. La rivière le Réal, la traverse d'un bout à l'autre avec une magnifique cascade sous le Grand pont à l'entrée.La source de Traconnade alimente en permanence, quatre à cinq fontaines dont la création de plus anciennes remonte à la fin du XVII ème siècle.
Le Monument aux morts en 1926 (entre les deux premiers platanes) lors d'un carnaval??? j'ai pas mieux comme témoin!
C'est peut être pour cette "abondance" et la haute valeur symbolique de l'eau, que l'architecte Gustave Salgé imagine autour du Monuments aux Morts de la première guerre mondiale, un bassin alimenté par un réseau de petits jets d'eau en façade et deux coupelles, façon bénitiers, sur les faces latérales. Le "Poilu" de circonstance,  est sculpté par Antoine Sartorio ( 1885-1988) dont la renommée dépassera nos frontières régionales (il a beaucoup travaillé avec l'architecte Gaston Castel à Marseille) pour des monuments à Vincennes , Tournon/Rhône, Santos au Brésil ou encore Nice ou Menton. Il est intéressant de visiter à Jouques (où il s'installe en 1967 après un début de carrière parisienne) son atelier et de noter qu'il est mort dans sa cent quatrième année. (A croire que l'air ou l'eau de ce village conserve, me direz vous? à moins que ce ne soit le métier de sculpteur!)

Mais revenons à notre bassin, qui est construit en 1921. L'eau coule, coule, "cool", au point qu'en 1973, on ne reconnait déjà plus le monument dans sa forme originelle.
Vue du Monument en 1973. La "couche" de calcaire est déjà bien présente
Quand j'arrive en 1981 , la couche de calcaire est encore plus impressionnante, au point que nul ne pouvait imaginé , et moi en premier, que la chose avait été construite ainsi... façon Fontaine moussue Cours Mirabeau à Aix, où nous somme bien d'accord, la même chose semble s'être produite. Il ne faut donc pas se fier aux apparences!
le monument coté latéral droit en décembre 2011 cette partie là n'est pas encore attaquée au marteau piqueur

A l'hiver dernier la commune a commandé au tailleur de pierres, Egalon Jean-Paul à Tourves (83),la restauration de ce monument. Bravo.
Février 2012 partie gauche déjà bien entamée par le marteau piqueur

Les photos prisent par Guy Lambert de l'association les Amis de Jouques sont éloquentes quand à l'épaisseur de calcaire. En 90 ans... je n'en reviens toujours pas! Le résultat est là, avec un éloquent "A nos enfants" .
 Septembre 2012 Vue de face après d écroutage. Le bassin et le bénitiers latéral droit avant remise (éventuelle) en eau
Pour l'instant, le bassin et son système d'alimentation en eau n'ont pas été remis en service. Si c'était le cas, une nouvelle génération (la troisième au moins!) viendra et verra le monument  avec des rotondités moussues apportant couleur, vie et fraicheur aux pieds du Poilu, sans se douter de ce message de reconnaissance. 
Si nous envisageons ces quelques photos sous l'angle d'une "démarche artistique" en prenant le temps qui passe comme paramètre de base, je dirai que grâce à une archéologie active et non préventive, volontaire et efficace et, dans ce cas, verticale et non horizontale, le passé revient au présent pour y retourner... peut-être!